Fête de Macabo Bangoua

La ‘‘fête du macabo’’. Cette fête commémore le retour d’un exil de 18 ans de S.M. Nono Tchoutouo, qui avait été déporté à Dschang pour son hostilité à la pénétration coloniale.
En effet, amené en déportation en 1939 à Dschang (chef lieu de la province de l’Ouest du Cameroun à l’époque de la colonisation) pour n’avoir pas voulu déroger aux traditions Bangoua, ce roi est resté en exil pendant 18 ans (de 1931 à 1948). Pendant ce temps, il se nourrissait pour l’essentiel du macabo que lui apportaient les Bangoua venus à pied du Moungo (dans la Région du Littoral actuel). Une partie de ces provisions était vendue pour acheter des produits tels que le savon, l’huile de palme, le sel et autres commodités.
A la fin de son exil en 1957 et une fois réinstallé sur son trône, le Roi Nono Tchoutouo décida d’instaurer la Fête du Macabo, afin de saluer à son tour l’acte de bravoure des femmes et fils Bangoua du Mungo qui lui apportèrent le macabo et avaient également œuvré pour sa libération. C’est ainsi que la première édition de la Fête du Macabo s’est célébrée le 05 novembre 1958. Avec le temps, cette fête est devenue une tradition biannuelle, réunissant les originaires et amis de la communauté pour la promotion du patrimoine séculaire et le développement socio-économique du Groupement Bangoua.

La Fête du Macabo, devenue un espace d’échanges et de dialogue culturel, est aussi une occasion de rassemblement de la descendance royale Bangoua, en hommage au Roi Nono Tchoutouo qui, au cours de son long règne de 103 ans, épousa 133 femmes originaires de 15 Royaumes Grassfield.

Elle est généralement ponctuée par une série d’activités, dont une foire artisanale et agropastorale, des visites touristiques, des compétitions sportives, une conférence sur le thème consacré, un concert de musique animé par les artistes locaux et des stars invitées. Chaque édition de la Fête du Macabo est marquée par l’inauguration ou la redynamisation d’au moins un projet d’ordre social, économique ou culturel.

Img: camernews.com, Richard Noumi.
Texte: Patrick Pouemi

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