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Une vue sur l’Hopital Bangoua par une Stagiaire en Medecine

L’hôpital protestant de Bangwa est situé dans la province de l’Ouest camerounais, dans un petitvillage à proximité de Bangangte. Le village est situé à flanc de colline, dans un cadre trèsverdoyant. Quand on arrive à Bangwa à pied, on passe d’abord par un lieudit très animé, « lecarrefour », où l’on peut faire quelques achats de base (tels que pain, œufs, tomates, poivrons,oignons, mangues, ananas, produit de lessive…) ou encore prendre une voiture ou une moto pourBangangte ou Batouffam. On y trouve également des bars à foison et de quoi se restaurer. Il fautensuite grimper pour parvenir à la « case numéro 4 », notre maison. Celle-ci, quoiqu’austère deprime abord, est relativement bien équipée. Elle est constituée de 2 chambres (chacune possédantun lit double), une cuisine (avec deux taques fonctionnant au gaz, un évier, une vaisselle de baseet un filtre à eau mécanique), une salle de bains (avec toilette normale!) et une « salle de séjour »avec quelques fauteuils et une table basse. Les animaux domestiques en tous genres (souris, lézards, chenilles, moustiques,…) sont compris dans le loyer. La maison est située en face dutemple, en plein cœur du village de Bangwa, ce qui en fait un lieu de passage très animé, afortiori le dimanche matin! Elle est également située à quelques pas des bâtiments de l’hôpital. Dès que nous sortions, nous étions donc en contact avec les patients, leurs garde-malades ainsique les membres du personnel. 

Le village est constitué de l’hôpital mais aussi de multiples maisons abritant les membres dupersonnel. En effet, la vie de Bangwa gravite autour de l’hôpital. Tous les gens qui y vivent sontconcernés de près ou de loin par ce qui s’y passe. Une grande partie des habitants de Bangwa sontdes membres du personnel ou de leur famille: infirmiers, médecins, personnel d’entretien.Certains membres du personnel n’habitent pas Bangwa mais ils sont relativement rares. Siquelques habitants ne travaillent pas à l’hôpital, ils vivent grâce à lui. Qu’il s’agisse des multiplesvendeurs situés au carrefour ou bien des nombreux marchands ambulants. L’hôpital est constituéde 4 services principaux: l’USIM (Unité des Soins Intensifs Médicaux ou service de médecineinterne générale), l’USIC (Unité des Soins Intensifs Chirurgicaux), la pédiatrie et la maternité. Onretrouve également dans les bâtiments de l’hôpital l’accueil-consultation, le bloc opératoire, lebloc administratif, les bâtiments d’isolement, la santé publique, les laboratoires, le service dehaut-standing et le restaurant.

Les villes les plus proches dans lesquelles on peut faire ses courses sont Bangangte, Bafoussam, Bayangam. Bangangte est situé à une vingtaine de minutes en voiture de Bangwa, on peut s’y rendreen taxi-voiture (compter 300FCFA par personne) ou taxi-moto mais il est déconseillé cardangereux de prendre le taxi-moto. Le choix est limité et les articles sont plus coûteux mais celapeut dépanner. La ville de Bafoussam est à plus ou moins 40 minutes de Bangwa. Pour s’y rendre,il faut emprunter un taxi-moto jusqu’à la station-péage de Batouffam (compter 10 minutes et 200FCFA pour une moto). Ensuite, il faut prendre la voiture pendant 40 minutes et cela coûte 500FCFA par personne. Nous nous y rendions régulièrement afin de faire nos courses et échangernos euros. On y trouve un supermarché qui comble plus ou moins nos nombreux besoinsd’occidentaux. En ce qui concerne les fruits et légumes, le choix est large au marché et auprès desvendeurs de rue. La ville de Kamna comporte un grand marché qui a lieu une fois par semaine(attention, ce jour varie d’une semaine à l’autre!) mais nous ne nous y sommes jamais rendues.

Organisation de l’hôpital L’hôpital se compose de plusieurs pavillons répartis dans Bangwa et abritant les différentsservices. Il est ouvert 24h sur 24.Les 5 services principaux à savoir l’USIM, l’USIC, la gynécologie, la pédiatrie et le haut standingse composent d’un médecin attitré qui y fait sa ronde le matin, d’une dizaine d’infirmiers (variableselon l’importance du service), et d’un major (infirmier chef) qui gère le service une fois lemédecin parti. Nous avons : 

L’accueil 

Les patients arrivant à Bangwa se rendent tout d’abord à la consultation. C’est là que lesconsultants (des infirmiers formés) et le Docteur Sado décident ou non d’une hospitalisation, etredirigent les patients vers les services concernés ou leur permettent de partir avec leurstraitements.On y trouve également la caisse vers laquelle sont dirigés les patients pour payer prestations,bilans et médicaments (tout acte doit être payé avant d’être réalisé) ainsi que la pharmacie où ontrouve les médicaments, produits de perfusion, seringues, etc. 

L’USIM ou Unité de Soins Intensifs Médicaux 

Géré en 2011 par le Docteur Zogne Adonis, celui-ci prend globalement en charge tous les cas demédecine interne, d’urgence, et de réanimation. On y trouve au centre la salle de réanimationconstituée de 8 lits ainsi que 6 autres chambres comportant 4 à 8 lits. Il y a également le bureaudes infirmiers qui accueille les nouveaux arrivants et les inscrit dans le grand registre deshospitalisés.Les pathologies auxquelles nous avons été confrontées étaient très variées et multiples. De plus,les patients se présentaient généralement à un stade avancé et cumulaient souvent plusieurspathologies. A l’USIM, les diagnostics se basent énormément sur la clinique, vu le manque de moyens paracliniques et/ou financiers du patient.Principalement, nous y avons rencontré : des accès de paludisme grave, des fièvres typhoïdes, desinsuffisances cardiaques, hépatiques, rénales, des hémorragies digestives hautes ou basses, desbroncho-pneumopathies tuberculeuses ou autres, mais aussi des accès d’asthme, des syphilis, destuberculoses viscérales, des entéropathies, des AVC, méningites et encéphalopathies. Le VIH,dont la prévalence reste importante au Cameroun, est également fort représenté dans ce service etnous apporte toute une série d’infections opportunistes telles que des zonas ophtalmiques, descandidoses oropharyngées, des pneumopathies, etc.Pour les cas de réanimation, le matériel disponible est très pauvre. Une seule bonbonne d’oxygèneest mise à disposition pour tous les services, quand son manomètre n’est pas défectueux. De plus,cette bonbonne est généralement vide lorsque le patient nécessite de l’oxygène en urgence…

L’USIC ou Unité de Soins Intensifs Chirurgicaux 

L’USIC est dirigé par le Docteur Metchoum Christelle. Il est constitué d’une salle de réanimationou se trouvent les patients en pré-opératoire et en post-opératoire immédiat, ainsi que de 5 à 6salles où se trouvent les patients stables ou endettés.Les cas les plus fréquemment rencontrés relèvent de la traumatologie, le plus souvent, desaccidents de la voie publique. Il s’agit donc de patients polytraumatisés avec multiples fractures,hémorragies internes et traumatismes crâniens. Nous avons eu à rencontrer quelques cas plusinsolites, notamment un patient attaqué par un zébu avec de multiples et profondes plaies. Lesmoyens disponibles pour les traiter sont une fois encore assez limités: oxygénothérapie (sidisponible) , triple antibiothérapie, mannitol en cas de traumatisme crânien et prise en chargechirurgicale.Il y a également beaucoup d’abdomens aigus à l’USIC. Généralement, les patients arrivent austade de péritonite, la cause initiale étant le plus souvent une perforation d’un ulcère gastrique ouune appendicite.Enfin, ce service dispose de quelques chambres annexes isolées dites « septiques » pour les casde plaies surinfectées principalement. Quelques cas USIM y sont parfois référés, pour despatients trop agités ou encore une épidémie de gastro-entérites sévères.

La Gynécologie-maternité 

La major de ce service est Maman Esther, un personnage haut en couleur affichant beaucoup dedynamisme et de compétence. Depuis peu, elle est secondée par une sage-femme expérimentée,Maman Jacqueline. Le médecin supervisant ce service est le Docteur Nana, égalementresponsable du service de pédiatrie mais ce service étant rarement rempli, elle est disponible pourles cas de gynécologie-obstétrique et si elle ne l’est pas, les sages-femmes sont très compétentesdans leur domaine. Le Docteur Nana est un médecin fraichement diplômé, très motivé, avecd’excellentes connaissances théoriques et pratiques malgré son jeune âge. En effet, lors de leursstages, les étudiants en médecine camerounais sont amenés très tôt à poser des actes pratiquesdans tous les domaines, ce qui les rend polyvalents et aptes à travailler, dès leur sortie del’université.Ce service s’occupe des cas de gynécologie, d’obstétrique et de néo-natologie. Il comprendnotamment une avant-salle où sont placées les urgences, une salle d’accouchement comportanttrois lits et une table où sont posés les nouveaux-nés, une salle pour les patientes en post-opératoire, une salle pour les patientes en post-partum, une salle mise à disposition gratuitementpour les patientes en pré-partum ayant une grossesse à risque ou habitant loin, ainsi que des sallesindividuelles pour les patients en ayant les moyens. Pour les nouveaux-nés prématurés, il existedeux couveuses « traditionnelles »: de l’eau chauffée produit la chaleur nécessaire, c’estrudimentaire mais efficace! Il y a également une salle où les mamans peuvent donner un bain àleur bébé, sous les éventuels conseils des infirmières, et où les bébés sont pesés chaque matin.Enfin, il y a une salle de consultation où le Docteur Nana officie, qui est simplement équipée d’unlit gynécologique. 

Les pathologies gynécologiques rencontrées sont les mêmes que chez nous bien qu’à des stadesplus avancés: cancers gynécologiques, fibromes, grossesses extra-utérines, polypes. Lesconsultations gynécologiques se font une fois par semaine par le docteur. Les frottis du col sontrarement réalisés à titre préventif, faute de moyens pécuniers, mais plutôt lors de symptômes oude signes cliniques en faveur d’une néoplasie. De plus, il faut envoyer le frottis dans un centrespécialisé à Yaoundé, le résultat étant disponible endéans les deux mois!Au point de vue obstétrical, le service était plutôt calme lors de notre présence. En effet, denombreux centres périphériques, plus proches des patients, prennent de plus en plus en charge lesgrossesses normales.

A Bangwa, nous étions donc plus souvent confrontées à des grossesses àrisque (placenta praevia, grossesse gemellaire, position transverse, utérus cicatriciel) dont l’issueétait la plupart du temps la césarienne, ou à des menaces d’avortement ou d’accouchementprématuré. L’accouchement est fait sans anesthésie. On suit son évolution grâce à unpartogramme qui reprend l’état du col utérin, la fréquence des contractions utérines, ainsi que lesbruits du cœur fœtaux audibles au fœtoscope. Nous avons également eu affaire à plusieurs mortsin utero ou avortement incomplets qui ont nécessité des curetages, l’antalgie étant uniquementassurée par du Valium. La prise en charge des nouveaux-nés était assez frustrante selon nous. Faute de moyensdiagnostiques, les enfant présentant des signes d’infection étaient systématiquement mis soustriple antibiothérapie, oxygénothérapie (si disponible et effective) et fébrifuge. Si ces moyenss’avéraient inefficaces, nous n’avions plus qu’à regarder l’enfant mourir.La maternité supervise un programme nommé PTME soutenu par une organisation française,Prévention de la Transmission Mère Enfant, qui vise à prévenir la transmission du virus VIH dela mère à l’enfant. Il consiste à traiter la mère adéquatement pendant la grossesse etl’accouchement, ainsi que l’enfant. Deux tests sont réalisés chez l’enfant pour s’assurer de sonstatut séronégatif.

La pédiatrie 

Ce service s’est rarement vu rempli lors de notre séjour. Il comporte une trentaine de lits, dans 3salles. Lors de notre passage à Bangwa, il était géré par le Docteur Nana Aristide, qui y faisait saronde avant de partir pour le service de Gynécologie.Nous sommes passées en pédiatrie lors de nos gardes, pour y traiter des accès de paludisme avecanémies sévères, des crises d’épilepsie, des pneumopathies, des infections ostéo-articulaires ouencore des entéropathies compliquées de déshydratation…

Le bloc opératoire 

Composé de deux salles d’opération, dont une réservée aux cas d’orthopédie, et d’une avant-salle,le bloc opératoire offre des services chirurgicaux rudimentaires. L’avant-salle s’occupe des cas de plaies ou de sutures généralement liés à des petites urgences detraumatologie. On y réalise des soins tels que le nettoyage et la désinfection des plaies, leursuture, etc…Dans les salles d’opération proprement dites, on peut voir toute sortes d’interventions qui sontréalisées par des infirmiers-chirurgiens formés sur le terrain. Leurs techniques, parfois assezobsolètes, sont réalisées de façon très habile. Le matériel à disposition du bloc est assez limité etles mesures d’asepsie parfois peu respectées.On a pu y observer notamment des prostatectomies, cures de hernies, ablation de matérield’ostéosynthèse, dérivation gastrique, et surtout de nombreuses césariennes, souvent en urgence.Un infirmier-anesthésiste s’occupe d’endormir et de surveiller le patient durant tout le tempsopératoire. Pour se faire, il dispose d’un tensiomètre et d’une bonbonne d’oxygène.

Le service du haut-standing 

Le haut standing est un service mis à disposition des patients ayant une meilleure situationfinancière et demandeurs de plus de confort. Il offre des chambres individuelles, ou non,aménagées avec frigo, télévision, sanitaires,… Toutes les pathologies rencontrées dans les autresservices s’y concentrent donc. Lors de notre séjour, il était supervisé par le Docteur MetchumChristelle.

Le service de santé publique 

La santé publique a plusieurs fonctions à Bangwa. Premièrement, s’y déroulent des consultationspré-natales et, tous les mardi, une campagne de vaccination des nouveaux-nés y est organisée. Ony retrouve également « l’ UPEC » pour « Unité de Prise en Charge » qui s’occupe des patientsséropositifs pour le VIH, du diagnostic (pré et post-counseling) au traitement. Au Cameroun, unetrithérapie est distribuée gratuitement lorsque le taux de lymphocytes CD4 est inférieur à 300 etc’est le personnel de l’UPEC qui en est responsable. De nombreux patients VIH des environs y sont suivis et conseillés. De plus, une assistante sociale se rend dans les différents services del’hôpital lorsqu’un patient est dépisté positif. Elle s’occupe de l’annonce du diagnostic etl’explication de la prise en charge.C’est également ce service qui se charge de l’instauration et du suivi du traitement anti-tuberculeux, qui est distribué gratuitement aux patients.Enfin, dans les locaux de santé publique se trouvent une bibliothèque (assez rudimentaire), unesalle de conférence et une salle de réunion ainsi que le laboratoire pour les analysesbactériologiques.

Le laboratoire 

L’hôpital de Bangwa dispose de son propre laboratoire. De nombreux tests y sont disponiblesavec notamment hémogramme, VS, CRP, ionogramme, transaminases hépatiques, urée,créatinine, acide urique, bilirubinémie, sérologie des hépatites, sérologie HIV et dosage des CD4,alpha-fœto protéine, bilan lipidique, bilan thyroïdien, PSA, sérodiagnostic de widal (fièvretyphoïde), goutte épaisse (paludisme), ASLO, chlamydia, toxoplasmose, TPHA/VDRL (syphilis),PCV, culot urinaire, combi 8, ECBU et antibiogramme, examen direct des selles et coprocultureavec antibiogramme, écouvillonnage de plaies avec antibiogramme, analyse des crachats et liquides de ponction, albuminurie, groupe sanguin, rhésus, groupage donneur de sang, temps decoagulation, temps de saignement, test de grossesse, électrophorèse de l’hémoglobine.Notons que certains réactifs sont parfois indisponibles durant quelques jours rendant l’examenimpossible. Certains résultats sont de plus à interpréter avec un esprit critique, les machines étantparfois défectueuses ou le test étant opérateur dépendant.S’y trouve également une petite banque de sang, mais qui n’est utilisée que dans des casd’extrêmes urgences. La plupart du temps, les patients nécessitant une transfusion sanguinedoivent se procurer le sang via un donneur compatible de leur entourage (famille, amis,…).Les analyses anatomo-pathologiques ne sont pas disponibles à Bangwa, elles étaient le plussouvent envoyée pour lecture à Bafoussam.

L’isolement pour les patient souffrant de tuberculose 

Rattaché au haut standing, ce service géré également par le Docteur Metchum Christelle reçoitles patients tuberculeux contagieux, avec crachats positifs pour le bacille de Koch.

L’imagerie 

A Bangwa, les bilans d’imagerie qu’il est possible de réaliser sont la radiographie (radio dethorax, ostéo-articulaire, abdomen à blanc, urographie, OED), la fibroscopie réalisée actuellementpar l’infirmier chef de l’hôpital, l’ECG (parfois d’interprétation douteuse car de mauvaise qualité)et l’échographie abdominale, pelvienne et prostatique. 

La kinésithérapie 

Une petite équipe de kinésithérapeutes opère à Bangwa, elle est composée d’une kinésithérapeutediplômée et de quelques infirmiers formés. Elle reçoit des patients en consultation et s’occupe deshospitalisés nécessiteux de ses soins et capable des les honorer, par exemple pour des pathologiesostéo-articulaires, vasculaires, cérébrales ou encore pulmonaires. Ils disposent aussi d’une petitesalle équipée de matériel de massage, de réadaptation physique ainsi que d’un vélo d’intérieur. 

Le service administratif 

Le bloc administratif regroupe les bureaux du directeur de l’hôpital, de la comptabilité, du secrétariat, de l’infirmier chef (surveillant général) et du gestionnaire.

Les centres annexes 

L’Hôpital Protestant de Bangwa possède quelques centres annexes qui gravitent autour del’hôpital (notamment à Bangangte et Bazou). Le Docteur Zogne Adonis, responsable du service de l’USIM, se rend 4 après-midi par semaineconsulter dans ces centres. Sinon, ils sont gérés principalement par des infirmiers. Auxconsultations, dites « générales » on voit de tout, et de tous les âges. Nous avons pu y découvrirce qu’il est possible de réaliser avec très peu de moyens diagnostiques et de prise en charge…

Tiré du rapport de Stage de De Myriam Decaux (Avril-Août 2011)

Edité pour publication par ICIBANGOUA.NET (Dec. 2016)

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