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RÉALITÉ DE L’ASSURANCE MALADIE: 2ème PARTIE – CAS DU CAMEROUN

RÉALITÉ DE L’ASSURANCE MALADIE AU CAMEROUN

La majeure partie de la population du Cameroun, considère qu’il n’est pas réellement utile de payer pour la protection contre le risque de maladies. Beaucoup ne sont aussi que très peu conscients face aux risques importants d’en attraper une.

En Afrique sub saharienne, la performance du Cameroun en matière de couverture du risque maladie est la plus faible : le Gabon et le Cap Vert couvrent plus de la moitié de leur population, et des pays tels que le Sénégal, Tanzanie, Côte d’Ivoire avec une dépense totale de santé inférieure au Cameroun ont des taux de couverture entre 50 et 145 fois plus élevés.

Le Cameroun, est un pays d’Afrique en développement, où la majeure partie de la population n’a pas accès aux soins de santé. Ils sont en effet moins de 2 % à avoir une assurance maladie.

Pédiatrie Hôpital Protestant de Bangoua

L’assurance maladie réservée à une élite au Cameroun

De plus, le paiement des soins se fait généralement de manière directe dans les centres de santé. Plus de 600 milliards de Francs CFA sont dépensés chaque année auprès des hôpitaux. Les personnes très pauvres, pensent aussi qu’il est préférable de pratiquer l’automédication et d’acheter les médicaments auprès des vendeurs à la sauvette plutôt que d’avoir une assurance santé. L’assurance maladie est donc vue comme un service réservé à l’élite Camerounaise.

Malgré les efforts de promotion des mutuelles de santé depuis une décennie et l’existence d’une vingtaine de compagnies privées proposant des polices d’assurance maladie, à peine 5% de la population camerounaise bénéficie d’une couverture du risque maladie. Cette situation explique en partie que la dépense de santé des ménages s’effectue à 94,6% sous forme de paiements directs au point de délivrance lors des épisodes de maladie soit une somme estimée à 556 Milliards annuels en 2020.

Ce mode d’achat des soins et services de santé est inefficient, les indicateurs de santé du Cameroun sont moins bons que ceux des pays africains allouant moins de ressources à la santé des populations, la dépense de santé au Cameroun porte à plus de 75% sur les examens médicaux et les médicaments de marque alors que l’Etat subventionne de façon substantielle les médicaments génériques. D’autres prestations subventionnées par l’Etat sont sous utilisées en raison de l’obligation d’un paiement cash préalable pour y accéder.

Les facteurs sous jacents 

La faible couverture du risque maladie sont entre autres:

  1. la méfiance des ménages vis-à-vis des mutuelles de santé et des compagnies privées d’assurances;
  2. l’absence d’obligation d’être assuré contre le risque maladie qui transforme l’assurance maladie en un service réservé à une élite;
  3. l’ignorance des avantages inhérents à l’assurance maladie par une large frange de la population;
  4. la pauvreté et le montant élevé des primes d’adhésion et des cotisations annuelles;
  5. la forte prévalence de l’emploi dans le secteur informel.

Ainsi, la faible adhésion aux mécanismes d’assurance maladie au Cameroun tient entre autres à ce que :

  • Le risque maladie est ignoré dans le portefeuille de sécurité sociale de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale-CNPS ne gérant que la vieillesse, les retraites, les allocations familiales, les accidents et maladies professionnels, les
    employés de la CNPS disposent d’une mutuelle santé .
  • Les montants des primes des assurances commerciales sont inaccessibles pour la majorité des employés et largement au dessus de la dépense de santé moyenne des ménages
  • L’assurance est méconnue et les populations ne perçoivent pas la pertinence de payer pour la protection contre le risque maladie au regard des nombreuses aubaines nées des actions sanitaires publiques ou privées à caractère « caritatif »
  • Les croyances et normes sociales influencent lourdement la perception des gains potentiels de l’adhésion à un mécanisme d’assurance maladie, certains individus pauvres estiment que les pertes encourues en cas de maladie sont plus faibles que le coût de l’adhésion puisqu’ils peuvent aisément recourir au tradipraticien, à l’automédication auprès des vendeurs ambulants de médicaments dont le coût est jugé plus abordable; plusieurs études sur les mutuelles de santé constatent une désaffection des mutuelles communautaires malgré des primes mensuelles individuelles fixées entre 100 et 600 FCFA.

Voilà ainsi l’état général de l’assurance maladie au Cameroun

Rodeo Yannick Nguemo (Cooper)

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