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PRINCIPE DES ELOGES (ndè) DANS LE GROUPEMENT BANGOUA

GENERALITES

Qu’il est beau et respectueux de se faire appeler par ses éloges, ses ndè. On se sent ragaillardi. Le ndè est une forme  affective et respectueuse d’appeler une personne en faisant référence aux origines, aux qualités, aux fonctions et exploits de ses valeureux parents, oncles, tantes, grands parents et ancêtres. Dis moi quels sont tes ndè et je te dirais d’où tu descends. Si tu es telak, tambou’, ngna’ntchou, te ma’ntchou, tawa, te lo, te tchenkou, …… c’est  que ta mère vient respectivement de Bangang, Bangou, Bamena, Bahok, Bangoulap, Bangangté, Bandianseu.  Si tu es ngouotie, tchouo so, ngouantchou, so djouo, ….c’est que ta mère est princesse Banguoa, Balengou, Bahok, Bangangté.

Après cette brève définition, nous allons voir successivement les termes employés, le cas des garçons (ils ont les ndè seulement du coté de la mère), le cas des filles (elles en ont des deux cotés), le cas des jumeaux, le cas lié aux noms, l’application au cas de la chefferie Bangoua, et nous terminerons par la possibilité d’extension aux non natifs Bangoua et un souhait.

LES TERMES EMPLOYES. 

Les termes employés sont très variés  Quand une personne est citée, on a le droit d’utiliser tout ce qui caractérise la personne en bien. On ne parle pas de ce qui peut souiller ou déshonorer la personne.

–   Les termes liés aux personnes : noms propres  des grands pères, grand’mères, oncles, tantes, ancêtres de la famille ;  la profession ou activités des personnes citées, enseignants, tailleurs, forgeron (ngouo lop), chasseurs (ngoua vup), danseur de koungang (ngouo koungang), ou de tchi ya (ngouo tchi), porteur de bracelet en cuivre (ngouo kwak pak) ; les titres honorifiques des personnes citées : menkap, Mbeu, soup , wembo, sa’ …..  etc. …. (on met ngouo accompagné du titre, ngouo menkap, ngouo mbeu, ngouo soup…).

–     Les termes liés à la nature : la montagne et la forêt ( nkouongwi, ngouapou’).

 –    Les termes géographiques : ce sont deux quartiers dans Bangoua (Tsweula’ et La’ngwi) et deux villages limitrophes (Bayangam et Baloumgou). On dira ngoua yo si ton père vient Bayangam et ngoua lep si ton père vient de Baloumgou.

LE CAS DES GARCONS

Le premier ndè du garçon, c’est le nom de son grand père maternel. Il est en fait l’homonyme de son grand père maternel, au sens le plus large du terme, c’est-à-dire de tous ses oncles maternels, à des degrés divers, tous ceux là qui par succession auraient pu être son grand père maternel. Il s’agit ici de tous les frères de la mère, de tous les frères du père de la mère et de tous les hommes ascendants du grand père, hormis les neveux et cousins. Cependant, ce sont le père fondateur et ceux qui ont des grandes distinctions honorifiques qui sont les plus cités. On parlera ainsi de Mbeu, menkap, tiegne en précisant les noms si dans la lignée il y en a. On dit alors que ce sont les descendants de…… et c’est ainsi que tous les grands notables du village sont les ndè de leurs petits fils ; Menkap Lieujip, Mbeu Njan,Tie Lomegni, Nzeu Kouo,Tie Ngang, Sa’ No, ……… Les autres noms ne sont cités que par ceux qui connaissent bien la famille.

L’éloge particulier, tswela’ serait réservé aux garçons dont les parents et les quatre grands parents sont du quartier Tswela’. Il en serait de même pour La’ngwi.

CAS DES FILLES

– Les filles ont les éloges des deux cotés, un du coté paternel (ngouo,  fille) et trois  du coté maternel (mè,  mère ; homonyme ; njwi, épouse), c’est-à-dire qu’elle est la fille de …, la mère de …, l’homonyme de…, l’épouse de…

– Elle est la fille (ngouo) de son grand-père paternel toujours au sens le plus large comme défini plus haut pour les garçons.  Elle est ngouo Nono, ngouo Chimi, Ngouo Nankap, de façon contractée ngouo No, ngouo Chi, ngouo Nan, si son grand père paternel était Nono, Chimi ou Nankap. Elle est ngouo menkap, ngouo mbeu, ngouo soup suivant que son grand père paternel avait  le titre de Menkap, Mbeu ou Soup. Elle est ngouo kou’, ngouo tchi, ngouo tie, ngouo kwak pak  suivant que son grand père paternel  était  danseur de koungang, de tchi ya’, avait fait des jumeaux ou portait le bracelet en cuivre.  Cependant, on y va avec beaucoup de recul. C’est ainsi que ma petite-fille n’est pas directement ngouo Tchuindjang, peut-être même pas ngouo Chimi mon père mais sûrement ngouo Nankap, mon grand père, mieux ngouo Sa’ No, fondateur de la descendance.

– Elle est la mère (mè) de son grand père maternel, le même que nous avons décrit pour le garçon, son frère de même mère. Donc, si tu es menkap, ta sœur de même mère est mè menkap. Si tu es tie ngang, ta sœur de même mère est mè tie ngang.

– Elle est l’homonyme de toutes les sœurs de sa mère, de toutes les sœurs de ses oncles maternels tel que nous avons déjà défini, hors mises les nièces et les cousines. En tant qu’homonyme, elle s’approprie tout ce que ces tantes ont de meilleur : leurs professions, leurs actes de bravoure, leur titres honorifiques…    Elle est donc tout ce que ses tantes sont : docteur, ingénieur, mefo si l’une des tantes est docteur, ingénieur ou a le titre honorifique  de Mefo

–  Elle est l’épouse des maris de toutes les tantes dont nous venons de parler, en tant qu’homonyme c’est ainsi qu’on parlera de njwi tie, nwji dokta, njwi menkap si le mari de l’une des tantes est tiegne, est docteur, est menkap.

– Ainsi, quand une fille accouche, l’annonce à son père c’est elle a accouché ton homonyme, si c’est un garçon, ou elle a accouché ta mère si le bébé est de sexe féminin.

 CAS DES JUMEAUX

–    Les jumeaux ont d’abord tous les éloges dont nous venons de parler.  En suite, ils ont les éloges qui leur sont propres, du fait qu’ils sont nés en même temps. Ces éloges sont les mêmes pour les filles jumelles  et pour les garçons jumeaux. Il y en a deux : sou fo (ami du chef) et nguio ndieu (convoite la maison où il doit naître).  Il faut remarquer que nos noms de famille  ont généralement deux syllabes. Pour les jumeaux on supprime le deuxième syllabe pour le remplacer par megne, qui signifie double. Donc NONO devient NOMEGNE, NANKAP devient NANMEGNE, donnant ainsi aux jumeaux un nom à trois syllabes. (Les noms à 3 syllabes ou plus sont  initialement des noms de circonstance, comme Kejetieu, Komewo…).

–   Les parents des jumeaux ont à leur tour l’éloge de tiegne pour le père des jumeaux au quel on ajoute mbe ndieu (il rentre à la maison pour surveiller les enfants). La mère des jumeaux a l’éloge de me gne auquel on ajoute sou kap, (amie des notables). En général, quand les grands parents des jumeaux sont vivants, c’est eux qu’on appelle tie gne et me gne. Les parents géniteurs des jumeaux sont tie ku et mé ku, (les porteurs des nouvelles).

 –  L’ainé des jumeaux  devient mbe kap (calebasse des notables) et le cadet des jumeaux kiog megne, (vient après les jumeaux).

AUTRES (Eloges liés au nom)

Certains noms ont des éloges particuliers. Ce sont des noms tels que  NANKAP, NONO,  MANGOUA  NANTCHOUANG, JOUONANG. Pour ceux-ci, c’est le même pour les garçons et pour les filles. On dira, ngwa’Nankap ou ngwa’ Nantchouang, ndio Nono ou ndio Mangwa, mba nkouok Jouonang. Pour d’autres comme DJOMO, pour le garçon c’et différent. On dira yongwé Djomo pour le garçon et melou’ Djomo pour la fille.

 CAS DE LA CHEFFERIE SUPERIEURE

  • Pour le Chef, la théorie reste valable car la mère du chef sort évidemment d’une famille. Mais on ajoute d’autres pour lui faire honneur : belong (un animal marin), nob ke mé (lion), zi, mou, ……, Ces éloges priment sur les éloges de la famille qui sont utilisés surtout les jours interdits, nzenze. Noter que ce jour le Chef ne sort pas.
  • – Tous les descendants masculins de la chefferie sans limite sont des princes. Quand l’un de ces hommes donne naissance à une fille, elle est ngouotie, ngouo djapou, du Chef  Djapou qui avait fait des jumeaux.  On dit aussi ngouo nono, du Chef Nono de Tchoutouo, NOTCHOUTOUO, immortalisé par sa fête de macabo,  fête devenue aujourd’hui notre FESTIVAL CULTUREL MACABO BANGOUA.  C’est pour cela qu’on dit qu’un prince se dévoile quand il donne naissance à une fille.
  • Le fils de ngouotie est tiedja, tiedjapou, du Chef tiegne Djapou. On pourrait aussi l’appeler nono du  chef Notchoutouo,  puisque sa mère est ngouo nono.
  • La fille de ngouotie est tchouoto, menagpou par identification aux actes de ses tantes, princesses dont elle est homonyme. En effet, les princesses pouvaient saccager tout un marché sans que personne ne lève le petit doigt. Qui oserait parler à une princesse? C’est ainsi que, même chez elle, elle pouvait préparer n’importe quoi et le mari n’avait rien à dire. D’où menagpou attribué  à sa nièce
  • La fille de tchouonto est menguépie. Il y a sans doute une explication. En fait c’est un cas rare car du coté féminin, on a généralement une seule transmission de ndè alors qu’ici nous avons deux à partir de ngouotie, tchouonto et menguépie.

Ils sont très nombreux à Bangoua, les ngouotie, tiedja, tchouono, les cousins cousines issus de la grande famille royale. Voilà pourquoi, pour éviter l’exode des fils et filles Bangoua à la recherche de conjoint extérieur à la famille, le Chef Notchoutouo avait, à certain degré, autorisé le mariage entre tiendja et ngouotie.

POSSIBILITE D’EXTENSION DES NDÈ AUX NON NATIFS BANGOUA. 

Force est de constater que ce noble héritage que nous ont légué nos ancêtres sont en voie de disparition. Et nous contribuons efficacement à le faire, sans doute sans le vouloir. En effet, quand une fille Bangoua épouse  un non Bangoua, nous affirmons à haute voie naissent de ce mariage n’ont pas de ndè du coté paternel, donc qu’elles ne sont les ngouo de personne comme si ce mari venu d’ailleurs n’avait pas de  grands pères et oncles.

De même quand un Bangoua épouse une fille non Bangoua,  nous affirmons à haute voie que les garçons nés dans ce foyer n’ont pas de ndè et que les filles ne sont ni la mère, ni l’homonyme, ni la femme de personne au sens de ndè. Ces enfants n’ont-ils pas comme tout le monde, des grand parents des,  oncles et des tantes ? Ils les ont bien sur mais nous les pénalisons, nous pénalisons nos propres enfants parce que leurs valeureux ancêtres sont nés hors des terres Bangoua. Pourtant, c’est facile d’appliquer les mêmes priNcipes. Il suffit d’utiliser leurs noms et d’adapter leurs activités et titres de noblesse. Si quelqu’un est dans la police, la gendarmerie ou l’armée, on l’assimile à un guerrier et il devient ainsi mantchou. Le reste se traite sans difficultés. Vu sous cet angle, le ndè devient un produit bon exportable hors de Bangoua et environs.

  • Il n’y a pas que les ndè qui sont en train de disparaitre. Nous avons aussi le respect, le droit et l’appellation de l’ainé, de la personne qui t’a bercé. NZA est un mot qui a pratiquement disparu à Bangoua. Aujourd’hui, le prénom a remplacé cette appellation ho combien respectueuse ! Tu ne pouvais pas appelé quelqu’un nza et chercher querelle avec lui. Tout le monde appelle tout le monde par le prénom ou un petit nom sans signification, genre bébé, mamy, papy, coucou ; comme si tout le monde était né le même jour.

APPRENONS NOTRE CULTURE ET REVALORISONS LES ASPECTS POSITIFS.

Par Mwemboh Soup TCHUINDJANG Job

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